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Le Maroc, entre football et diplomatie, une puissance africaine en Mouvement

Diplomatie sportive, CAN 2025, l’équation du Sahara, la vision du Roi Mohammed VI: des questions liées

Le Maroc, qui a déjà réussi à organiser une compétition continentale (2018) ainsi que d’autres événements sportifs majeurs, s’attaque maintenant à l’organisation de la prochaine Coupe d’afrique des nations et sera co-organisateur de la Coupe du Monde 2030. Il entame donc une vaste campagne pour montrer ses capacités, autant en matière d’infrastructures, de logistique, de sécurité que politique. Avec la question très parlante du Sahara il entend exposer à nouveau sa vision sous la direction du Roi Mohammed VI.


Connu pour sa trajectoire glorieuse et son histoire qui force le respect, voire parfois l’admiration, le Maroc continue d’affronter les défis continentaux et mondiaux avec son architecte en chef, le Roi Mohammed VI.
Depuis son accession au trône en 1999, le Roi du Maroc n’a cessé d’investir toute son énergie diplomatique pour résoudre la question du Sahara. Ce territoire de 266 000 kilomètres carrés suscite de grands espoirs et alimente des intérêts divergents. Le Maroc et l’Algérie sont les deux principaux acteurs de cette situation complexe. La majeure partie de ce territoire est effectivement occupée par le Maroc, qui désirait accorder une autonomie à l’Algérie. Cette dernière appuyait quant à elle le mouvement indépendantiste sahraoui.


Bien que la colonisation espagnole (1884) ait jugé nécessaire de redistribuer les cartes pour
renforcer la position du Maroc dans un contexte de résistance locale, le traité de 1912 parviendra néanmoins à diviser le Sahara occidental entre la France et l’Espagne. C’est là-bas que toute cette histoire a commencé et
qu’elle continue d’exercer son influence sur les relations d’aujourd’hui. Ainsi, en 1962, la France mit fin à la colonisation. L’Espagne suivit en 1975, après une guerre contre le Maroc. Celui-ci profita de cette occasion pour réclamer son territoire perdu. La Cour internationale de justice reconnut les liens historiques entre le Sahara et le Maroc, ce qui permit au pouvoir Royal de lancer la fameuse marche verte, présentée comme une démarche pacifique. Ce processus a mené au rassemblement de milliers de marocains civils et désarmés. C’est un tournant important, qui est considéré comme un succès. Le Maroc a ainsi pu revendiquer une souveraineté légitime sur le Sahara, riche en ressources naturelles, telles que les phosphates, mais aussi en ressources halieutiques.


Pour mémoire, les accords de Madrid ont instauré une administration conjointe entre le Maroc et la Mauritanie (qui se retire finalement en 1979), ce qui n’a pas réglé le problème. En 2007, le Roi propose un plan d’autonomie pour le Sahara occidental, qui vise à accorder à la région une large autonomie sous souveraineté marocaine. Cette proposition est perçue comme réaliste par de nombreux pays et organisations internationales, mais elle est finalement rejetée par le Front Polisario et l’Algérie. Par la suite, le Maroc entame des démarches parallèles pour
obtenir une reconnaissance internationale. En 2017, le Maroc a officiellement réintégré l’Union africaine après une absence de 30 ans. Cette décision était considérée comme stratégique, car elle permettait au Maroc de renforcer sa position sur le continent africain et de contrer l’influence du Front Polisario.


Après des années de combat acharné, le Maroc a finalement obtenu gain de cause grâce au Conseil de sécurité des Nations Unies. Dans sa résolution du 31 octobre 2025, l’ONU reconnaît la « proposition d’autonomie, soumise en 2007, comme une base sérieuse, crédible et réaliste pour résoudre définitivement le différend sur le Sahara marocain. » Les autorités voient cette Victoire comme le début d’une nouvelle ère pour construire un avenir durable fondé sur le respect, la transparence et la stabilité.


Cette résolution de l’ONU intervient à un moment crucial dans l’histoire du Maroc sur les plans politique et sportif. Cette décision représente un défi majeur qui renforcera la détermination du Royaume à promouvoir
un Maroc fort et capable de jouer un rôle prépondérant sur la scène géopolitique mondiale.
Le Royaume du Maroc, qui accueillera la CAN 2025, est sur le point de relever le défi sur le plan de l’organisation pour renforcer sa crédibilité en tant que co-organisateur du Mondial 2030 avec l’Espagne et le Portugal.

Il faut souligner que, depuis l’arrivée au pouvoir du Roi Mohammed VI, le football est devenu un outil d’influence et un moyen pour le Maroc de faire connaître sur la scène internationale. Grâce à l’appui de la Fédération Royale
Marocaine de Football (FRMF), plusieurs réformes ont été mises en place, dont la modernisation des infrastructures, la formation des jeunes, le renforcement de l’encadrement technique et la promotion du football féminin.

Dans cette lignée, l’Académie Mohammed VI a ouvert ses portes en s’inspirant des modèles européens pour offrir une formation de qualité supérieure aux jeunes et les aider à atteindre l’excellence. Ces nombreux efforts, réalisés avec une vision claire sur le long terme, ont porté leurs fruits.
On pense notamment à la qualification historique du Maroc en demi-finale de la Coupe du monde 2022, à la montée à la 14è place du classement FIFA, aux bons résultats des équipes féminines et jeunes, comme le récent sacre des Lionceaux de l’Atlas face à l’Argentine (2-0) en finale de la Coupe du monde U-20.


Sans contredit, le Maroc est devenu un acteur incontournable sur la scène mondiale du football, prêt à rivaliser avec les grandes puissances en termes d’infrastructures modernes, de développement de jeunes talents et de promotion de ce sport. Le royaume chérifien ne compte pas s’arrêter là: il passe du football à une approche politique et diplomatique. Son expertise marocaine est désormais partagée sur le reste du continent
africain grâce à environ 40 partenariats interétatiques.

Au-delà du football, le Maroc entretient des relations économiques très fortes avec d’autres pays africains. Ses actes majeurs et ses investissements massifs dans divers domaines en témoignent. Cette politique, amorcé par le roi Mohammed VI lorsqu’il a accédé au trône, vise à mettre de l’avant les relations sud-sud et la nécessité de stabilité dans les relations économiques et commerciales.
Pour mieux nourrir son intention vers cette vision, le Maroc, lors du Sommet Afrique-Europe en l’an
2000, avait annulé l’ensemble de la dette de chacun des pays africains les moins avancés ( PMA). Il avait aussi ouvert ses frontières*aux produits d’exportation en provenance de ces PMA africains.

En tant que principal investisseur de la région de l’Afrique de l’Ouest et deuxième investisseur africain en Afrique ( derrière l’Afrique du Sud), ce fort engagement s’est concrétisé par une moyenne annuelle de 13% pour ses échanges commerciaux, atteignant 3,76 milliards d’euros en 2014. L’élan d’ouverture du Maroc a conduit à la signature de plus de 3200 accords économiques bilatéraux et à la tenue de 43 voyages officiels sur le continent
africain par le roi Mohammed VI entre 2000 et 2016.
Malgré l’absence du Maroc de certaines organisations africaines, tells que l’ Union africaine (UA), pendant certaines périodes, le royaume a continué d’entretenir des relations économiques et diplomatiques avec le continent africain.
Il y a beaucoup d’investissements dans les secteurs tells que la santé, l’énergie et l’eau au Sénégal. Dans l’immobilier, le Maroc est actif en Côte d’Ivoire et a signé 46 conventions entre les deux pays. En outre, deux accords ontt été conclus en Guinée Équatoriale, dont l’un confie à l’Agence spéciale Tanger Med (TAMSA) la
gestion du port de Malabo. Dans le domaine de la communication, Maroc Télécom a acquis les filiales d’Etisalat ( Moov) au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Niger, au Togo, en République centrafricaine et au Gabon. De plus, dans le secteur bancaire, de nombreuses institutions financières marocaines renforcent leurs relations et étendent leur influence. Attijariwafa Bank est actuellement établie dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest et centrale, y compris le Cameroun. Dans le secteur privé, on peut citer les entreprises actives dans les domaines de l’assurance, de la constructions, l’agriculture et des médias.


Par Lamine DIOP

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