Entre engagement scientifique, leadership féminin et développement territorial, le parcours de Souad Abderma illustre une vision moderne et ambitieuse de l’agriculture africaine. Experte en agriculture durable et en agroécologie, elle consacre depuis plus de vingt ans son énergie à l’accompagnement des coopératives rurales, à la valorisation des produits agricoles et à l’autonomisation des femmes à travers plusieurs pays africains.
Formée dans l’excellence académique, diplômée à l’institut Jacques Monod en biochimie, elle décroche un doctorat à Berkeley en 2016. Une formation scientifique solide qui façonnera sa vision d’une agriculture fondée sur l’innovation, la durabilité et l’impact social. Aujourd’hui présidente des femmes agricultrices au Maroc et mentor en AgriTec et Agrifood à l’université Mohammed VI polytechnique UM6P, elle accompagne des start-ups et de jeunes porteurs de projets agricoles dans la recherche de solutions durables adaptées aux réalités africaines.
Son expertise couvre aussi bien l’agroécologie que le développement territorial, le plaidoyer, la formation et la transformation des produits agricoles. Au fil des années, elle a occupé plusieurs fonctions stratégiques. Elle est notamment gérante de la société Bladi origine et présidente de la coopérative Bladi, une structure qui travaille sur la valorisation des sols, la production agricole et la transformation des produits du terroir.
Elle préside également l’Association régionale des femmes agricultrices Marrakech-Safi (AREFA) ainsi que l’Association marocaine des femmes agricultrices. Son engagement lui vaut aussi des responsabilités au sein d’organisations agricoles marocaines, où elle intervient comme trésorière et vice-secrétaire. Son implication dépasse largement les frontières marocaines. En Mauritanie, elle travaille sur les projets liés à l’alimentation fourragère et à la production de lait d’herbe avec des agriculteurs disposant de vastes terres agricoles. À Nouakchott, elle accompagne des femmes dans la valorisation du couscous et des productions locales. En Tunisie, en Algérie ou encore au Bénin, elle contribue à des projets de fermes pédagogiques, de valorisation des produits laitiers et d’innovation sociale territoriale. Parmi ses initiatives majeures figure également la création de Dar Taliba, la maison des filles rurales, lancée en 2009.
Ce projet social destiné à soutenir l’éducation des jeunes filles rurales a connu une croissance remarquable. Partie d’une trentaine de bénéficiaires, la structure accompagne aujourd’hui près de 200 jeunes filles. Certaines ont intégré des collèges d’excellence et l’une d’entre elles poursuit désormais un cursus à Polytechnique en France, symbole concret de l’impact éducatif et social de cette initiative. Membre du cluster menara spécialisé dans l’agroalimentaire et la cosmétique haute gamme, ainsi que vice-présidente cluster filière fromage agrolait dédié aux produits fromagers, elle défend une approche collaborative du développement économique. Elle milite pour une agriculture capable de créer de la valeur locale tout en préservant les ressources naturelles.
Son engagement lui a valu plusieurs distinctions et certificats d’excellence, notamment de la Canadian Academy for Training and Consulting, qui a salué son leadership opérationnel et ses actions en faveur du développement agricole africain. Mais au-delà des titres et des projets, c’est surtout une vision qui l’anime : celle d’une Afrique verte, durable et autonome. Sa mission consiste à créer des économies scientifiques territoriales capables d’offrir des opportunités aux communautés locales. Elle rêve également de développer des forêts comestibles à travers le continent afin de lutter contre le chômage, réduire l’empreinte carbone et renforcer l’impact social des projets agricoles. À travers son parcours, elle incarne une génération de leaders africains convaincus que l’agriculture, la science et l’éducation peuvent devenir les piliers d’un développement durable au service des populations.
Par la Rédaction ( Afrique à la une )






