Jamais une compétition sportive ne devrait entacher les relations entre deux pays frères comme le Sénégal et le Maroc. Le sport, par essence, est un espace de dépassement de soi, de fraternité et de respect mutuel. Il n’est ni une frontière politique ni un champ de rivalités identitaires durables. Lorsque le coup de sifflet final retentit, ce sont les valeurs humaines qui doivent l’emporter sur la passion momentanée du résultat.
Les relations entre le Sénégal et le Maroc reposent sur une histoire profonde de coopération, de respect et d’échanges constants. Elles se manifestent dans les domaines diplomatique, économique, culturel, religieux et éducatif. Ces liens ne peuvent ni ne doivent être fragilisés par une rencontre de football, aussi intense soit-elle. Une victoire ou une défaite ne saurait remettre en cause des décennies de solidarité et de proximité entre deux peuples qui se reconnaissent comme frères.
Cette réalité est d’autant plus évidente lorsqu’on observe la situation actuelle des familles et des enfants métisses sénégalo-marocains, symboles vivants de cette fraternité. Ces enfants portent en eux une double culture, une double fierté et une richesse identitaire exceptionnelle. Ils grandissent entre deux traditions, deux histoires et deux patries qu’ils aiment sans hiérarchie. Pour eux, opposer le Sénégal au Maroc n’a aucun sens : leurs racines sont communes, leur avenir est partagé.
Dans les foyers métissés, le sport devient souvent un moment de fête, parfois de taquineries fraternelles, mais jamais de division. Ces familles incarnent un message fort : il est possible d’aimer deux nations à la fois, de soutenir deux équipes, et de considérer que, quel que soit le vainqueur, la victoire reste dans la même maison. Elles rappellent que l’identité n’est pas une frontière rigide, mais un pont entre les peuples.
À l’heure où le monde est traversé par des tensions et des replis identitaires, le Sénégal et le Maroc ont la responsabilité de montrer un autre chemin. Celui où le sport renforce les liens au lieu de les fragiliser, où la compétition nourrit le respect plutôt que l’hostilité, et où la jeunesse apprend que la fraternité vaut plus qu’un trophée.
En définitive, le football passe, mais la fraternité demeure. Le Sénégal et le Maroc continueront d’avancer ensemble, portés par leurs peuples, leurs familles métissées et leurs enfants, véritables ambassadeurs d’une amitié indéfectible. Car au-delà du terrain, ce sont les valeurs humaines qui gagnent toujours.
Mme Manal IKIR




